Les abeilles choisissent le coworking !


A partir d’octobre vous pourrez déguster le produit des plus petites ,des plus discrètes et non moins très laborieuses, résidentes Nextdoor. Grâce à Jean-Marc Geyer, passionné d’apiculture, quatre ruches ont été installées sur la terrasse l’an dernier : la première récolte de miel a été réalisée le 24 août dernier !
C’est l’une des conséquences inattendues du recours systématique aux substances phytosanitaires dans l’agriculture intensive : désormais, les abeilles se plaisent plus « à la ville » que « dans les champs ou sont utilisés des pesticides ». Plus sérieusement, la pollution des nappes phréatiques dans les régions agricoles à culture intensive empoisonne les fleurs, y compris celles qui poussent à l’état sauvage… Les abeilles n’y survivent guère. Paradoxalement, les parcs et les balcons parisiens et de sa grande banlieue représentent désormais un refuge de choix pour les petites butineuses ainsi que toutes les zones non agricoles.



Jean-Marc Geyer, est bien placé pour en parler. Il y a cinq ans, cet ingénieur s’est lancé dans l’« apiculture amateur ». Une déclaration de rucher, une adhésion à un syndicat apicole (fortement conseillé), ruches, essaims, enfumoir… rien de bien compliqué a priori. Et pourtant ,pendant quatre longues années, les essaims de Jean-Marc ont été décimés les uns après les autres. De quoi se décourager. Mais en déplaçant ses ruches et en s’éloignant des champs du sud de Paris, la vie a repris ses droits.
Aujourd’hui, Jean-Marc entrepose ses ruchers à Garches, Elancourt, et … Issy-les-Moulineaux. Quatre colonies ont ainsi emménagé sur la terrasse de Nextdoor en octobre 2015. Pour mettre toutes les chances de son côté, l’apiculteur a installé deux ruches déjà existantes (dites matures), et deux nouveaux essaims. La race retenue est la célèbre « Buckfast », mise au point par frère Adam (1898-1996) par croisements naturel et successifs ; cette variété est peu agressive et excellente butineuse.



La première récolte a eu lieu le 24 août dernier : l’heure du bilan. Un essaim est mort en cours d’année, l’autre n’a pas donné de miel et les deux derniers ont produit… quarante kilogrammes ! De quoi se réjouir, et à plus d’un titre. Pour les plus gourmands, le miel produit à Issy-les-Moulineaux est « toutes fleurs » ; il sera passionnant d’en comparer le parfum (et la texture) à ceux provenant des autres ruches de Jean-Marc et à celui qui sera récolté l’année prochaine ! Ensuite, parce que force est de constater que l’on peut finalement, et assez simplement, donner un coup de pouce à la nature en hébergeant ces précieuses petites pollinisatrices. La cohabitation s’est en effet fort bien passée cette année (aucune piqûre d’abeille n’a été à déplorer !).
Enfin, pour les amateurs d’intrigues, parce que tout ceci est passionnant…Ainsi, parmi les deux essaims qui ont produit du miel, l’un est un essaim Buckfast, l’autre est hybride (issu d’une fusion spontanée avec des abeilles sauvages)… : pourquoi elles ? Et pourquoi une ruche n’a-t-elle rien donné ? Jean-Marc prévoit de changer la reine, ou peut-être de tenter une fusion avec une autre colonie…Affaire à suivre. En tout état de cause, un essaim qui ne produit pas de miel joue néanmoins sont rôle de pollinisateur et c’est bien là l’essentiel.

Ce n’est pas tout : si l’abeille évoque chez nous le doux parfum des fleurs et un bourdonnement propice à la sieste sous un arbre, Jean-Marc Geyer vous apprendra qu’elle est en réalité une travailleuse acharnée, digne de rivaliser avec la fourmi… Sur cette dernière considération, nous vous laissons retourner à votre clavier ;-)